Vous pensez qu’une thérapie de couple pourrait vous aider, mais votre partenaire ne veut pas en entendre parler. Peut-être qu’il ou elle dit que « ça ne sert à rien », craint d’être jugé·e, ou ne souhaite pas raconter votre intimité à une personne inconnue. Vous pouvez vous sentir seul·e avec votre inquiétude, voire pressé·e d’agir avant que la situation ne se dégrade.
Quand mon partenaire ne veut pas faire une thérapie de couple, il est utile de distinguer ce que je peux proposer de ce que je ne peux pas décider à sa place. Un refus ne dit pas toujours la même chose. Il peut traduire une peur, une mauvaise expérience, un désaccord sur la gravité des difficultés ou une décision plus ferme de ne pas consulter. Chercher à comprendre ce qui se passe aide souvent davantage que d’insister sur le mot « thérapie ». Cela ne garantit pas que votre partenaire changera d’avis. L’objectif est d’ouvrir un échange, pas d’obtenir un oui à tout prix.
Commencer par ce que vous vivez, pas par un diagnostic du couple
La conversation se bloque souvent quand la proposition ressemble à une accusation : « On a besoin d’une thérapie parce que tu ne communiques jamais » ou « Tu dois régler tes problèmes ». Même si ces phrases viennent d’une vraie souffrance, elles peuvent placer l’autre dans une position de défense et donner l’impression qu’un verdict a déjà été rendu.
Essayez de parler de votre expérience, avec un exemple concret. Par exemple : « Quand on se dispute au sujet des visites familiales, j’ai l’impression qu’on revient toujours au même point. Je me sens découragée et j’aimerais qu’on cherche une autre manière d’en parler. » Vous pouvez ensuite expliquer ce que vous espérez d’un accompagnement : prendre du recul, mieux comprendre vos réactions respectives, ou clarifier une décision.
Évitez de présenter la thérapie comme une réparation qui incomberait à l’autre. La démarche concerne la relation et les interactions entre vous. Elle ne sert pas à désigner un coupable ni à prouver que l’un·e a raison. Et aucune formule ne peut promettre une réconciliation ou une issue particulière.
Demander ce qui rend l’idée difficile
Un « non » peut recouvrir des préoccupations différentes. Votre partenaire peut redouter qu’on lui demande de parler de sujets qu’il ou elle souhaite garder privés. Il peut craindre d’être blâmé, penser que la personne qui accompagne prendra votre parti, ou ne pas savoir ce qui se passe concrètement pendant une séance. Il peut aussi ne pas partager votre lecture de la situation.
Au lieu de répondre tout de suite à chaque objection, vous pouvez demander : « Qu’est-ce qui te gêne le plus dans cette idée ? » ou « Qu’est-ce que tu imagines qu’il pourrait se passer ? » Puis reformuler ce que vous avez entendu : « Tu as peur qu’on te mette en cause, c’est bien ça ? » Cela ne signifie pas que vous êtes d’accord avec tout. Cela montre que vous cherchez à comprendre avant de proposer une réponse.
Il arrive aussi que la personne ne sache pas encore quoi répondre. Laisser du temps peut être utile. Vous pouvez proposer d’en reparler un autre jour, sans transformer chaque désaccord en nouvelle tentative de persuasion. Si le sujet revient sans cesse dans une dispute, faites une pause et cherchez un moment où vous êtes tous les deux plus disponibles.
Présenter une démarche concrète et limitée
Le mot « thérapie » peut sembler vaste ou inquiétant. Vous pouvez expliquer ce qui vous intéresse, sans affirmer que vous savez à l’avance ce qui sera décidé. Par exemple : « Je ne te demande pas de promettre plusieurs mois de séances. J’aimerais qu’on puisse se renseigner et décider ensuite si un premier rendez-vous nous convient. » Ne proposez cette formulation que si elle correspond vraiment au cadre de consultation que vous envisagez.
Un premier contact peut servir à poser des questions pratiques : comment se déroule une rencontre, quelles sont les modalités, comment la personne construit les objectifs avec le couple. Pour le travail de Raphaëlle Blachère à Genève, la page consacrée à la thérapie de couple et au conseil conjugal présente l’accompagnement, au cabinet ou en visioconférence, ainsi que les questions fréquentes sur les séances.
Vous pouvez aussi partager une information plutôt que l’imposer : « J’ai trouvé une page qui explique comment se passe la première séance. Est-ce que tu veux la lire, ou tu préfères qu’on en parle d’abord ? » Puis laissez à votre partenaire le choix de la consulter ou non. Le but n’est pas de multiplier les arguments jusqu’à épuiser ses réserves.
Écouter sans abandonner votre propre besoin
Respecter le refus de l’autre ne vous oblige pas à prétendre que tout va bien. Vous pouvez reconnaître sa position et nommer la vôtre : « Je comprends que tu ne veuilles pas consulter maintenant. De mon côté, je ne veux pas continuer à faire comme si ces disputes ne m’affectaient pas. J’ai besoin qu’on trouve une manière de prendre la situation au sérieux. »
Cette distinction compte. Vous ne pouvez pas décider à la place de votre partenaire. Vous pouvez en revanche clarifier ce qui est acceptable pour vous, ce que vous souhaitez voir évoluer et les choix que vous devrez envisager si rien ne change. Une limite parle de votre propre conduite. Une menace cherche à forcer l’autre à agir. Comparez « Si tu m’aimais, tu accepterais » avec « Je ne sais pas combien de temps je peux rester dans cette situation si nous ne trouvons aucun espace pour en parler ».
Une limite mérite d’être formulée avec précision et sans l’utiliser comme levier au milieu d’une dispute. Elle ne garantit pas que l’autre fera ce que vous espérez. Elle peut toutefois vous aider à sortir d’une attente floue et à réfléchir à ce dont vous avez besoin.
Si votre partenaire ne veut toujours pas consulter
Il est possible que la réponse reste non. Dans ce cas, vous pouvez vous demander ce qui vous serait utile à vous : mettre de l’ordre dans vos pensées, préciser vos besoins, comprendre votre rôle dans les échanges ou réfléchir à vos options. Demander un espace individuel à un·e professionnel·le n’est pas la même démarche qu’une thérapie de couple. Cela ne remplace pas un travail commun et ne permet pas de décider à la place de l’autre. Vous pouvez vous renseigner auprès de la personne concernée sur le cadre qu’elle propose.
Vous pouvez également chercher un moment régulier pour parler de votre relation sans transformer cette discussion en bilan accusateur. Choisissez un sujet à la fois. Par exemple, comment vous organisez les responsabilités à la maison, ou ce qui se passe lorsque l’un·e demande une pause pendant une dispute. Convenez d’une durée courte, puis dites chacun·e ce que vous avez compris de l’autre avant de répondre. Si la conversation repart dans le même cycle, nommez-le et faites une pause convenue.
Des conflits répétitifs peuvent parfois être entretenus par les réponses de chacun·e, comme l’insistance d’une personne et le retrait de l’autre. Cela ne signifie pas que les responsabilités sont toujours égales. Pour comprendre ce type de boucle, vous pouvez lire l’article sur la distance affective et les cycles qui se répètent dans le couple. Il propose des repères pour observer ce qui se passe sans réduire l’histoire de votre relation à une seule explication.
Quand la sécurité passe avant la thérapie de couple
Si vous avez peur de votre partenaire, si vous subissez des menaces, du contrôle, des violences ou une pression sexuelle, ne partez pas du principe qu’une thérapie de couple est la première réponse adaptée. La priorité est de prendre au sérieux votre sécurité et de chercher un soutien confidentiel auprès de services ou de professionnel·les compétent·es dans les violences. À Genève, la page officielle Accompagnement et informations pour les victimes de violences répertorie les services d’aide. Elle indique notamment les numéros 117 pour la police, 144 pour les urgences médicales et 142 pour la ligne d’aide aux victimes. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence de votre région.
Vous n’avez pas à convaincre votre partenaire de consulter pour demander de l’aide à votre sujet. Et vous n’avez pas à vous exposer à une conversation qui pourrait vous mettre en danger. Choisissez un moyen de chercher du soutien qui tient compte de votre situation.
En bref : ouvrir une porte, sans forcer le passage
Vous pouvez parler de ce que vous vivez, donner un exemple précis, demander ce qui inquiète votre partenaire et expliquer ce que vous attendez d’une première démarche. Vous pouvez aussi reconnaître qu’un refus lui appartient, tout en prenant au sérieux vos propres besoins. Il n’existe pas de phrase qui fasse disparaître toute hésitation, et un accord obtenu sous pression ne crée pas forcément un espace de travail commun.
Parfois, la discussion évolue avec le temps. Parfois, le désaccord reste. Dans les deux cas, l’enjeu est de mieux comprendre ce qui est possible pour chacun·e, puis de faire des choix qui respectent vos limites et votre sécurité.
Questions fréquentes
Peut-on commencer une thérapie de couple si un seul partenaire est motivé ?
Une démarche de couple suppose que les deux personnes puissent prendre part au cadre proposé. Si l’un·e refuse, vous pouvez vous renseigner sur un accompagnement individuel pour clarifier votre propre situation. Ce n’est pas la même chose qu’une thérapie de couple. Demandez directement au ou à la professionnel·le quelles modalités sont possibles.
Comment proposer une thérapie sans que l’autre se sente accusé·e ?
Parlez de votre vécu et d’une situation concrète plutôt que de présenter votre partenaire comme le problème. Vous pouvez dire ce que vous espérez explorer, par exemple vos disputes qui reviennent, puis lui demander ce qui l’inquiète dans l’idée de consulter.
Faut-il insister si mon partenaire refuse ?
Répéter la demande au cours de chaque dispute risque d’augmenter la pression sans éclairer le désaccord. Il peut être utile de demander les raisons du refus, de proposer un temps pour y réfléchir, puis de respecter la réponse tout en clarifiant vos propres besoins et limites.
Une première séance oblige-t-elle à poursuivre ?
La page de présentation de Raphaëlle Blachère indique que la première séance permet de faire connaissance, d’entendre le vécu de chacun·e et de construire un objectif commun. Vous pouvez poser vos questions sur le cadre avant de décider de la suite. Un premier rendez-vous ne constitue pas une promesse de poursuivre indéfiniment.